Tu tailles tes valises – en trio avec mes enfants

En fin de création de l’album Chansons d’entre-deux, Julien, un copain, m’offre un mini-ampli sur pile à brancher directement dans la sortie jack de ma guitare. Ce petit gadget sera déterminant dans la création de « Tu tailles tes valises ».

Je le teste un dimanche soir et une petite mélodie me tombe dans les doigts.

C’est ce mini-ampli qui donne à la guitare ce son un peu cheap, presque vieille radio. Pas d’autre effet.

Julien m’avait dit :

« Tiens, voilà ton cadeau de Saint-Nicolas. Tu en feras bon usage. »

C’était un dimanche soir de décembre 2024

Une de mes filles — celle qui n’est pas musicienne sur la chanson, mais qui est bien présente dans les mots — venait de reprendre le train pour son kot.

Même quand ce n’est que pour quelques jours, les départs ne sont pas toujours faciles. Et quand on sent que ce n’est pas simple non plus pour son enfant, ça l’est encore moins pour le parent ;-).

(Pour les Français : un kot, c’est un logement étudiant, souvent en colocation.)

Me voilà donc avec ma guitare électrique, une mélodie et ce mini-ampli.

La chanson s’est écrite d’un trait ce dimanche-là.

Quelques mois plus tard, je retrouve la démo.

Voix chantée un peu à l’arrache, légère distorsion, fausse trompette… À l’origine, j’imaginais quelque chose de très minimaliste : boîte à rythmes, guitare, voix.

Démo du 13 juin 2025.

Je la fais écouter à François D., un ami qui m’a souvent donné son avis pendant la création de l’album.

Il me dit :

« Il y a quelque chose avec ta voix de tête. C’est intéressant, fragile. Cette chanson a un potentiel de fou. »

Sauf qu’on est fin juin.

Je dois rendre toutes les chansons mixées à Géraldine pour le mastering avant son départ en vacances le 8 juillet. L’album doit sortir en septembre.

Un jour, je réécoute la chanson dans le studio. Mon fils Lucien se met à proposer un groove à la batterie.

Et là, tout change.

Je sens que cette chanson, jusque-là très mélancolique, pourrait devenir plus pop, plus accrocheuse, plus lumineuse.

Au moment du repas, je la fais écouter à ma fille Jeanne :

« Tu ne veux pas chanter le refrain ? »

Et c’est ainsi qu’en une journée, fin juin, on a bouclé le titre.

Lucien à la batterie, Jeanne à la voix, moi au piano et au mélodica.

Honnêtement, avec cet arrangement musical en famille, la chanson est bien meilleure que ce que j’aurais fait tout seul.

Et c’est Jörg Delvaux qui a réalisé ces jolies images.

On marchait droit devant
T’arrives en galopant
Notre chemin désherbé
Qu’t’es venu arborer
Faut qu’tu voies la pagaille
A chaque fois, quand tu tailles

Dessous mes yeux
c’est mes valises
Quand sous mes yeux
tu tailles tes valises
Est-ce que tu restes dimanche ?

Sur notre divan d’amants
Tous ces jeux pas d’enfant
Toi et ton cerf-volant
Tu nous as faits plus grands
Dans mon lit un hibou
Qui c’est qui a raccourci mes nuits ?

Dessous mes yeux
c’est mes valises
Quand sous mes yeux
tu tailles tes valises
Est-ce que tu restes dimanche ?

Y’a des dimanches qui traînent
Matins gaufres et choco
Y’a les dimanches qui saignent
Un parfum dont je trouve pas les mots

Un jour sur mes épaules
Dans ta tour de contrôle
Un jour j’suis ton chauffeur
Taxi de nuit, veilleur
Entre les deux y’a quoi
Qui c’est qui a raccourci les jours

Dessous mes yeux
c’est mes valises
Quand sous mes yeux
tu tailles tes valises
si on vire les dimanches ?
Est-ce que tu restes tout l’temps ?

Batterie: Lucien Ledent
Voix: Jeanne Ledent
Voix, guitare, piano, basse, melodica: Guillaume Ledent
Paroles et Musique, arrangements, enregistrement et mixage : G Ledent
Mastering: Géraldine Capart
Images: Jörg Delvaux

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