La lettre d’entre-deux #2

Bonjour,

Dans cette lettre, on va parler d’IA. Avant cela, retour sur cette première lettre d’Entre-Deux. Je félicite François qui a trouvé la réponse au concours : Mark Knopfler.

Bravo François, tu gagnes deux places pour le concert du 13 SEPTEMBRE à ANTOING. La billetterie est par ici . (placement de produit ah ah)

Revenons à nos moutons.

SUNO, cette appli qui compose de la musique sur simple commande, promet sur Facebook : “Deviens ton artiste préféré, produis 500 chansons par mois, monétise, gagne des vues !“

Mensonge. On peut en créer bien plus. Des milliers, des millions, à la chaîne. La seule limite ? La puissance des serveurs et les ressources de la planète.

Mais la vraie question n’est pas “Peut-on ?“ mais plutôt  “pourquoi ?“

Oui, l’IA peut pondre des titres pro, séduisants, calibrés pour Spotify. Mais pourquoi vouloir ressembler à son idole ? Le propre d’un artiste, c’est d’être en recherche, en chemin, trouver son style, sa “patte“. Surement pas de “vouloir ressembler à …“

Quand on me dit : “ça me fait penser à…“, je le considère comme un semi-échec. Être trop proche de ce qui existe déjà, c’est s’oublier.

Et pourtant, l’industrie numérique nous vend sa nouvelle Sainte Trinité :
Ressembler. Monétiser. Produire.

Voilà la dérive. Une musique clonée, standardisée, vidée de sens. Une industrie qui a perdu le Nord.

Ainsi, un éditeur français m’a répondu il y a quelques mois que mon single ET PUIS APRÈS ? “aurait du mal à se faire une place dans le paysage musical francophone. Trop “americana“ “ me dit-il.

Le temps de quelques secondes, je peste un peu et puis je me rends compte que…. c’est pas plus mal. N’est-ce pas ce que j’ai voulu avec ce titre et ce nouvel album ? C’était mon choix d’amener ce genre de sonorités “americana“, folk-rock. Cela devenait, à mes yeux, une réussite: ne pas ressembler au paysage francophone actuel. D’ailleurs, c’est quoi ce paysage francophone dont il me parle ? Il y a du cocorico dans ce genre de propos. Déjà, l’appellation “chanson française“ (ça c’est le sujet d’une prochaine lettre)

Ressembler, monétiser, produire….

Le 13 septembre, on sera à trois sur scène. Trois humains, sans automation, sans machine, sans autotune. Ce sera imparfait car ce sera humain. Il y aura du voile sur nos voix, des cordes de guitares qui frisent, de la salive dans la trompette, des harmoniques troublantes sur les peaux de nos tambours.

Ressembler, monétiser, produire….

J’ai mis plusieurs mois à peaufiner ce disque avec Emma à la trompette et aux voix. On a demandé à Jeanne, ma fille, de venir poser sa voix avec son frère Lucien à la batterie pour un titre. Fabian et Bastien ont joué de la batterie et du saxo sur un autre titre.
C’est enregistré dans mon petit studio au fond du jardin entre la glycine et les érables, sous un toit de tuiles flamandes récupérées sur l’ancienne maison de mon ami poète Paul André. C’est pas calé sur le clic du métronome, c’est pas autotuné, ça vit, c’est imparfait, c’est humain.

Ressembler, monétiser, produire….

C’est pour toutes ces raisons que mon catalogue ne sera plus disponible sur SPOTIFY et l’album sortira exclusivement sur BANDCAMP (streaming et téléchargement fairtrade), QOBUZ (meilleure rémunération et qualité audio HIFI), DEEZER (rémunération équitable des artistes basée sur le “user centric“, j’expliquerai ça dans une autre lettre)

Si tu veux rejoindre le public le 13 SEPTEMBRE, les places sont disponibles en suivant le lien ci-dessous. Tu peux aussi choisir un PACK CD+PLACE ou VINYL+PLACE à prix très réduit. Les CDs sont en cours livraison. Les vinyls suivront. RÉSERVATIONS & ACHATS DE PLACES

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